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Зима, метель и в крупных хлопьях При сильном ветре снег валит, У входа в храм одна в лохмотьях Старушка нищая стоит. И подаянья ожидая, Она всё тут с клюкой своей. И летом, и зимой босая, Подайте ж милостыню ей. О, дайте милостыню ей. Сказать ли вам, старушка эта Как двадцать лет тому жила, Она была мечтой поэта И слава ей венок плела. Когда она на сцене пела Париж в восторге был от ней, Она соперниц не имела, Подайте ж милостыню ей, О, дайте милостыню ей. Бывало, после представленья Ей от толпы проезда нет, И молодежь от восхищенья Гремела «Браво» ей вослед. Какими пышными словами Кадил ей круг её гостей. При счастье все дружатся с нами, При горе нету тех друзей. При горе нету тех друзей. Судьба и воля провиденья, Артистка сделалась больна, Лишилась голоса и зренья И бродит по миру одна. Бывало, нищий не боится Прийти за милостыней к ней, Она ж у вас просить стыдится, Так дайте ж милостыню ей. О, дайте милостыню ей. ?
Оригинал:
Beaucoup d’amourLa pauvre FemmeIl neige, il neige, et là, devant l’église, Une vieille prie à genoux. Sous ses haillons où s’engouffre la bise, C’est du pain qu’elle attend de nous. Seule, à tâtons, au parvis Notre-Dame, Elle vient hiver comme été. Elle est aveugle, hélas! la pauvre femme. Ah! faisons-lui la charité. Savez-vous bien ce que fut cette vieille Au teint hâve, aux traits amaigris? D’un grand spectacle, autrefois la merveille, Ses chants ravissaient tout Paris. Les jeunes gens, dans le rire ou les larmes, S’exaltaient devant sa beauté. Tous, ils ont dû des rêves à ses charmes. Ah! faisons-lui la charité. Combien de fois, s’éloignant du théâtre, Au pas pressé de ses chevaux, Elle entendit une foule idolâtre La poursuivre de ses bravos! Pour l’enlever au char qui la transporte, Pour la rendre à la volupté, Que de rivaux l’attendent à sa porte! Ah! faisons-lui la charité. Quand tous les arts lui tressaient des couronnes, Qu’elle avait un pompeux séjour! Que de cristaux, de bronzes, de colonnes! Tributs de l’amour à l’amour. Dans ses banquets, que de muses fidèles Au vin de sa prospérité! Tous les palais ont leurs nids d’hirondelles. Ah! faisons-lui la charité. Revers affreux! un jour la maladie Éteint ses yeux, brise sa voix ; Et bientôt seule et pauvre, elle mendie Où, depuis vingt ans, je la vois. Aucune main n’eut mieux l’art de répandre Plus d’or, avec plus de bonté, Que cette main qu’elle hésite à nous tendre. Ah! faisons-lui la charité. Le froid redouble, ô douleur! ô misère! Tous ses membres sont engourdis. Ses doigts ont peine à tenir le rosaire Qui l’eût fait sourire jadis. Sous tant de maux, si son cœur tendre encore Peut se nourrir de piété ; Pour qu’il ait foi dans le ciel qu’elle implore, Ah! faisons-lui la charité. |